
Mobile Fighter G-Gundam
Kidô Butoden G-Gundam (« Mobile Fighter G-Gundam » aux Etats-Unis) est en quelque sorte la série mal-aimée de la saga Gundam. Créée en 1994, et précédant respectivement Gundam Wing et Gundam X d’une et deux années, elle est la première de ces trois séries commandées par Sunrise se déroulant dans un univers alternatif de l’Universal Century.
Le pari de créer un spin-off ne reprenant que de loin les bases de la série était très risqué, et le résultat n’a pas plu au public. Ou plutôt, le public ne s’est pas senti intéressé par le début, très moyen, et a cessé de regarder. Le problème majeur vient des Gundam, en très grand nombre dans cette série, souffrant en majorité d’un design peu attrayant. Le scénario tient la route, mais n’étant pas à la hauteur des autres séries de Gundam, elle n’a pas motivé le public japonais, alors qu’elle devient pourtant beaucoup plus intéressante par la suite, pour peu que l’on y prête attention.

Dans ce futur, la majorité de la population Terrienne a migré vers les colonies de leurs pays respectifs, renommées « Neo » (Neo-Japan, Neo-Spain…). Les guerres ont été abolies depuis plus d’une cinquantaine d’années, lorsque toutes les nations se sont accordées sur l’instauration d’un système de « Gundam Fight », dont l’enjeu est le pouvoir : tous les quatre ans, chaque nation envoie un pilote et son Mobile Fighter la représenter sur Terre. Tous ces Gundam se défient pendant toute une année jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. A l’issue du Gundam Fight, la nation vainqueur a le droit de diriger la Terre et les autres colonies, jusqu’au tournoi suivant. Domon Kasshu, pilote du Shining Gundam de Neo-Japan, s’est vu confier deux missions : remporter le tournoi mais surtout, retrouver et maîtriser son frère, Kyoji. Celui-ci se serait enfui sur Terre à bord du surpuissant et terrifiant Devil Gundam, mettant en danger quiconque s’approcherait de lui.
Domon pourrait ainsi permettre à son père d’être remis en liberté, lequel a été plongé dans un sommeil cryogénique pour avoir créé ce Devil Gundam.

Commence ainsi cette série de quarante-neuf épisodes mettant en scène un nombre incroyable de Gundam et Mobile Fighters différents. Comme d’habitude, le Gundam du héros est blanc, rouge et bleu, sait à peu près tout faire et se bat avec un beam saber rouge. Ici il s’agit du Shining Gundam, assez classique mais dégageant une certaine classe. Il sera remplacé par le God Gundam, beaucoup plus beau - et beaucoup plus puissant. Et il s’agit ici du seul Gundam « normal », les autres ayant des caractéristiques inspirés de la culture traditionnelle de leur pays d’origine ? tels que vues par les Japonais ! Non, le Neo-France n’a pas de béret et ne se bat pas avec une baguette de pain. C’est un robot portant un bicorne sur la tête, faisant de l’escrime et utilisant des roses comme Funnels (comme le Qubeley), ce qui limite plus ou moins les stéréotypes. Mais ce n’est pas tout : le Gundam de Neo-Mexico est le Tequila Gundam et porte un sombrero, celui de Neo-Spain a une énorme tête de taureau sur le torse, celui de Neo-Grèce, le Zeus Gundam, est grand, a une barbe rouge, se bat au trident électrique, et se promène sur un char tiré par des chevaux mécaniques. Il en va de même pour le Gundam bûcheron de Neo-Canada, le boxeur/footballer/cowboy de Neo-America, ou encore celui en forme de cloche de Neo-Nepal. Le summum est atteint avec le Nether Gundam de Neo-Holland, qui se transforme en moulin à vent, et le Mermaid Gundam de Neo-Sweden qui se transforme en poisson !
Bref, si ces Gundam sont complètement stéréotypés et sont pour la plupart grotesques, certains sortent du lot, tels le Dragon Gundam. Du côté des méchants les Gundam sont ridicules, mais nous n’en dirons pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de les découvrir par vous-même ! Les deux seuls Gundam intéressants sont en fait les deux plus importants, à savoir le Devil Gundam (Ultimate Form) et le Master Gundam.
Le pilotage des Gundam ne se fait plus par une série de joysticks et d’indicateurs mais par le Mobile Trace System, où le Mobile Fighter reproduit à l’identique les mouvements de son pilote, qui revêt une combinaison spéciale bardée de capteurs. De ce fait, les affrontements se font rarement à longue portée et ressemblent plus à des combats d’arts martiaux, de catch ou de lutte. Et virtuellement, tout être vivant est capable de piloter un Gundam.
Le scénario se décompose en trois parties plutôt homogènes, et même si les rebondissements sont assez prévisibles, ils n’en sont pas moins agréables. La série n’est pas spécialement « cérébrale » par son côté action, mais elle aborde des thèmes intéressantes, comme l’amitié indéfectible, la fidélité à sa nation, la notion de secret d’Etat, la régénération de la Terre. Mais ce qui vous enthousiasmera, c’est surtout l’extraordinaire dynamisme qui se dégage de la série et un lyrisme, qui peut paraître ridicule au 1er degré, mais qui prend une dimension dramatique lorsqu’on est bien dans le trip. Enfin, la série ne vous prendra pas la tête et toutes les questions trouveront leurs réponses à la fin. En bref, c’est une série à voir si on n’a pas envie d’assister à dix épisodes de blabla sur la légitimé des guerres : l’action ne s’arrête jamais, ici on se bat ! En plus d’une animation correcte pour l’époque, le premier générique est très sympathique et les musiques de Kôhei Tanaka sont plutôt bien adaptées.


G-Gundam est donc une série qu’il serait dommage d’éviter sous prétexte que les robots sont laids, car elle en vaut le coup. Sauf si votre passage préféré de la saga Gundam est la discussion entre Quatre et Dorothy vers la fin de Gundam Wing et que vous ne vous lassez pas de le repasser en boucle !
- Titre original : Kidô Butoden G-Gundam
- Planning : Sunrise
- Histoire originale : Tomino Yoshiyuki, Yatate Hajime
- Scénario : Shimo Fumihiko, Gobu Fuyushi, Oketani Ken, Yamaguchi Ryota
- Charac design : Osaka Hiroshi
- Mecha design : Hajime Katoki, Kunio Okawara, Kimitoshi Yamane
- Musiques : Kouhei Tanaka
- Producteur : Sunrise, TV Asahi
- Réalisateur : Yasuhiro Imagawa
Dates de sortie
- Japon : 1 avril 1994 au 31 mars 1995.
- USA : 5 aout 2002 au 16 octobre 2002.



